
Ce mardi, le Président de la République, Chef de l’État, Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, a tenu une importante séance de travail consacrée aux secteurs névralgiques de l’eau et de l’électricité. Dans une atmosphère sans complaisance, le Chef de l’État a exigé un diagnostic sincère, loin des rapports enjolivés, et a réitéré que l’accès à l’eau potable et à l’énergie constitue un droit fondamental pour chaque Tchadien.
Le Ministre de l’Eau et de l’Énergie, Passalé Kanabé Marcelin, a exposé un état des lieux exhaustif issu d’une tournée de terrain. À Abéché notamment, grâce à de nouveaux forages et ouvrages hydrauliques, la capacité quotidienne a été portée de 5 500 à 16 500 m³, avec l’ambition d’atteindre 30 000 m³ d’ici la fin de l’année. Plusieurs localités, comme Am-Djarass, Iriba ou Biltine, bénéficient de projets similaires, quoique à des rythmes inégaux. Certaines zones affichent des retards notables, quand d’autres, comme Mao, voient leurs châteaux d’eau opérationnels et remis à la STE pour distribution.
Néanmoins, des failles persistent. Des erreurs techniques dans certaines provinces nécessitent des reprises, et dans le Mandoul et le Salamat, une quarantaine de mini-châteaux d’eau financés par la Chine affichent un avancement partiel de 55 %. À N’Djaména, la vétusté du réseau et les chantiers de Bitkine et Moussoro figurent parmi les urgences à traiter. Un programme ambitieux de réhabilitation et d’extension devrait débuter prochainement, en partenariat avec des bailleurs.
Du côté de l’énergie, le bilan est tout aussi contrasté. Bien que des projets comme les douze centrales de l’ADERM aient été conçus pour fournir 48 MW, seulement un tiers est effectivement injecté. Dans certaines villes comme Mongo, les coupures récurrentes témoignent de manquements graves. À N’Djaména, toutefois, l’horizon s’éclaircit avec l’entrée en service imminente de la centrale thermique de Denali et de l’installation solaire de Djarmaya, financée par les Émirats Arabes Unis, qui devraient élever la capacité nationale de 50 MW à 160 MW. Pour le Chef de l’État, ces avancées demeurent insuffisantes face aux besoins réels de la capitale, estimés à 300 MW.
Pointant du doigt une gestion défaillante, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno a dénoncé les dysfonctionnements persistants au sein de la SNE et de la STE, minées selon lui par l’improvisation, les pratiques douteuses et le laxisme dans le suivi des prestataires. Les organes de contrôle ont également été rappelés à l’ordre, notamment pour des validations irrégulières et des ouvrages non conformes.
Dans un geste symbolique fort, Mahamat Idriss Déby Itno a ordonné l’expulsion immédiate d’un responsable d’entreprise étrangère, accusé de bloquer le démarrage d’un projet énergétique majeur.
Le Chef de l’État a insisté sur une transformation structurelle : développement de mini-châteaux d’eau fonctionnant à l’énergie solaire, abandon progressif des pompes manuelles, généralisation des compteurs prépayés y compris dans les administrations publiques, et finalisation rapide de la réforme de la SNE. Il a également appelé à finaliser les projets bancables à soumettre lors de la prochaine table-ronde du PND, prévue aux Émirats Arabes Unis.
En conclusion, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno a fixé un cap clair : place à l’action concrète et à la redevabilité, sans délai ni excuses. Il a averti ses ministres qu’ils devront répondre de leurs résultats, à tout moment. Une manière de rappeler que l’amélioration des conditions de vie des Tchadiens passe avant tout par l’accès universel à l’eau potable et à une énergie fiable.



