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  • Excellence, M. Mohamed Ould El-Ghazouani, Président de la République Islamique de Mauritanie et Président sortant de l’Union Africaine ;
  • Excellence, M. Joâo Lourenco, Président de la République d’Angola et Président entrant de l’Union Africaine ;
  • Excellences, Mesdames, Messieurs les Chefs d’Etat et Chefs de Gouvernement ;
  • Monsieur le Président de la Commission de l’Union Africaine ;
  • Mesdames et Messieurs les chefs de délégations,
  • Distingués Invités ;
  • Mesdames, Messieurs,
  • Chers frères et sœurs.

A l’entame de mon propos, je voudrais rendre grâce au Tout Puissant qui nous a permis d’être, au rendez-vous de cette rencontre continentale.

C’est le lieu de remercier le Gouvernement et le Peuple éthiopiens pour leur accueil ainsi que pour toutes les facilités mises à notre disposition depuis notre arrivée à Addis-Abeba.

Je rends un hommage mérité au Président de la République Islamique de Mauritanie, Président sortant de notre Union, Mon Frère Mohamed Ould El-Ghazouani, pour le leadership avec lequel il a conduit son mandat au service du continent.

Je saisis aussi l’occasion pour adresser mes vives félicitations au Président entrant, Mon Frère Joâo Lourenco, Président de la République d’Angola pour son accession à la tête de notre organisation commune et mon pays l’assure de son plein soutien.

Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat, de Gouvernement et de délégations,

Distingués invités.

Cette 38ème session se tient dans un contexte particulier, marqué par la persistance de multiples défis d’ordre politique, sécuritaire, économique, climatique et humanitaire pour ne citer que ceux-là, lesquels défis nous interpellent et nous obligent à un surcroit d’action et de solidarité.

Si l’on peut se réjouir de quelques bonnes initiatives à l’instar de la ZLECAF dont la finalisation est attendue, il y a lieu de constater que, globalement, rien ne marche comme il se doit, ni au sein de notre organisation, ni dans ses approches envers les défis de notre temps.

Je voudrais parler, sommairement, de la vocation première et de la raison d’être de l’Union Africaine.

Cette question représente aujourd’hui une urgence qui ne peut plus être passée sous silence. Une urgence qui exige un langage de vérité et un engagement constant.

En effet, nous, peuples africains, peuples des États membres de l’Union Africaine, nous nous retrouvons au centre de nouveaux défis d’un monde en mutation. Nous devons choisir entre continuer à subir le sort qui nous est voulu par le reste du monde ou nous unir pour prendre en main notre destin et construire pour notre continent un avenir souverain, digne et prospère.  Nous sommes à l’heure du choix.

L’Union Africaine, cette organisation née de nos luttes et de nos rêves, doit être l’épine dorsale de la renaissance de notre continent sur tous les plans. Mais pour cela, elle doit incarner une véritable souveraineté africaine, porter une voix audible dans les instances multilatérales, développer une réelle autonomie financière et partager une forte volonté commune de construire un avenir africain radieux. 

Nous, dirigeants africains, ici réunis, nous ne devons plus accepter que nos politiques soient dictées, que nos décisions soient influencées et que nos ressources soient exploitées au profit des autres.

L’Union Africaine doit être le rempart contre toute forme de domination, qu’elle soit économique, culturelle ou politique. Nous devons renforcer nos institutions, garantir l’indépendance de nos décisions et refuser toute ingérence dans nos affaires intérieures. 

Sur le plan économique et industriel, l’Afrique est le continent le plus riche en ressources naturelles, une évidence sans cesse affirmée mais paradoxalement, le continent demeure le plus pauvre en termes de développement.

Cette contradiction émane d’un système mondial injuste bâti sur nos propres tares, failles et divisions. L’Union Africaine doit agir autrement pour parvenir à une intégration économique réelle, en créant des marchés communs, en favorisant le commerce intra-africain, en protégeant nos industries naissantes et en prenant fait et cause pour la souveraineté et la fierté africaines.

Nous devons cesser d’être, perpétuellement, les exportateurs de matières premières et les consommateurs des produits importés, avec l’ambition ferme de devenir les artisans de la transformation de nos propres produits.

L’Union Africaine doit également retrouver sa vocation pleine et entière sur le domaine culturel. Nos cultures, nos langues, nos traditions sont les piliers de notre identité. Pourtant, elles sont aujourd’hui marginalisées, voire méprisées, par un monde qui nous impose ses valeurs comme universelles.

Notre organisation commune doit œuvrer pour notre renaissance culturelle, où chaque enfant africain sera fier de ses racines et où nos artistes, nos intellectuels et nos scientifiques seront reconnus à leur juste valeur. 

Face aux défis énormes d’un monde dont les grands ensembles et équilibres sont en redéfinition, le renforcement de notre union n’est pas une option pour nous, c’est une nécessité absolue. Nous devons travailler pour une intégration politique, économique et sociale plus profonde.

Une Afrique plus unie sera une Afrique plus forte, capable de mieux défendre ses intérêts sur la scène internationale. 

L’Action de l’Union Africaine doit incarner et refléter la solidarité entre nos peuples. Les conflits qui déchirent certaines régions de notre continent doivent être résolus par les africains, nous-mêmes.

Nous devons privilégier le dialogue, la médiation et la coopération pour résoudre nos différends. Ensemble, nous pouvons construire une paix durable et un avenir prospère pour tous. 

Mesdames et Messieurs,

Distingués invités.

Je voudrais saisir cette tribune pour plaider en faveur d’une reprise du dialogue entre l’Union Africaine (UA) et les cinq pays frères que  sont le Mali, le Burkina Faso, la Guinée, le Niger et le Gabon. Il est temps de privilégier une approche constructive, solidaire et pragmatique. 

Plutôt que d’isoler ces pays, l’Union Africaine doit mettre en avant les pourparlers et la médiation.

Édifié par l’expérience de mon propre pays le Tchad, je peux vous assurer qu’une transition politique ne peut réussir sous la contrainte. Une transition politique ne peut prospérer que dans le cadre d’un consensus national appuyé d’un accompagnement international.

En évoquant l’exemple de mon pays, c’est avec un réel sentiment de fierté que je vous informe de la fin heureuse du processus de la transition au Tchad.

Une réussite majeure à mettre à l’actif de toutes les forces vives tchadiennes, mais aussi à l’actif de la médiation africaine.

En effet, grâce à la contribution de tous les acteurs politiques, de la société civile, de notre diaspora, de pays amis et frères, de la CEEAC, plus particulièrement son Facilitateur, le Président Félix Antoine Tshisekedi, le Tchad a su renouer avec l’ordre constitutionnel.

Cette réussite est la meilleure illustration que les crises africaines peuvent être résolues par les africains sans ingérences de parties extérieures.

Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,

Distingués invités.

Notre sommet se tient aussi dans un contexte de renouvellement des instances dirigeantes de notre organisation. C’est le lieu de féliciter l’équipe sortante et de souhaiter plein succès à celle qui va lui succéder.

C’est à juste titre que notre institution a choisi comme thème de l’année : « Justice pour les Africains et les personnes d’ascendance africaine par les réparations ».

Il nous revient de mesurer la profondeur de ce thème, de travailler à la pleine adhésion de nos populations et d’obtenir le plein engagement de nos communautés régionales dans la mise en œuvre de ce noble projet.

Mesdames et Messieurs,

Distingués invités.

Il est essentiel de reconnaître les insuffisances de l’Union Africaine pour les réparer. Elle doit changer profondément pour jouer pleinement son rôle en Afrique et dans le monde.

Elle doit être capable de défendre avec plus d’efficacité les intérêts du continent. Elle a le potentiel de devenir une force d’influence, mais cela nécessite une réforme en profondeur.

L’Afrique mérite une Union Africaine forte, indépendante et véritablement au service du continent. C’est à nous, Africains, de nous mobiliser pour exiger le changement et construire l’avenir que méritent nos enfants.

Je vous remercie.